Matthieu Bouchaud, senior product manager chez ConsenSys © Consensys

JDN. Depuis sa création en 2016, MetaMask a développé et intégré plusieurs solutions à sa plateforme. Comment cela a-t-il évolué ?

Matthieu Bouchaud. Historiquement, MetaMask est une extension sur ordinateur qui permet de stocker une clé privée, donnant accès à ses crypto-actifs, avec un contrôle total et surtout, sans dépendre d'intermédiaire. L'évolution de l'offre s'est ensuite faite en soutenant et en intégrant différentes innovations. Parmi elles, on peut citer le token ERC 20 (jeton de la plateforme Ethereum, ndlr) qui a ouvert la voie aux ICO, dont on a directement supporté l'implémentation, idem pour les utility tokens qui ont suivi. Maintenant, le gros de l'innovation repose en partie sur les tokens du protocole ERC 721 qui permet de créer des NFT, et  nous permet de collectionner et d'échanger ces NFTs directement depuis MetaMask.

Quels sont les objectifs de MetaMask Institutional, que vous avez présenté lors de la Paris Blockchain Week Summit ?

Toute la communauté crypto connaît MetaMask, en tout cas sa version orange, l'idée c'était donc de vraiment pousser la version institutionnelle qui existe depuis plus d'un an. Ce qu'on veut c'est passer à une autre phase de croissance en faisant venir les entreprises et en leur apportant les fonctionnalités et les conseils dont elles ont besoin pour investir et prêter sur des écosystèmes web3 en respectant la régulation.

L'offre de Metamask Institutional, c'est de proposer un meilleur accès aux opportunités de la finance décentralisée, dit DeFi,  aux entreprises et aux institutions à travers plus de fonctionnalités et d'opérabilité. Concrètement, l'idée est de proposer une sécurisation et une stimulation de leurs flux commerciaux, avec des frais nettement moindres que dans la finance traditionnelle. A noter que MetaMask Institutional est aujourd'hui compatible avec presque toutes les applications décentralisées (DApps, ndlr) de l'écosystème DeFi. 

Quelles sont les nouveautés que vous êtes venu présenter cette année ?

On a déjà annoncé l'ajout de nouveaux custodials (clés privées hébergées par la plateforme, ndlr)  dans MetaMask Institutional. Tout en développant en ce moment sept custodials régulés pour atteindre un total de dix d'ici la fin de l'année. Cela va nous permettre d'accroître notre offre et d'avoir accès à toutes les applications que MetaMask supporte nativement depuis le début.

Dans la même lancée, on a annoncé notre partenariat avec un produit phare de l'écosystème web3 qui s'appelle Gnosis Safe. C'est le wallet multi signatures le plus utilisé par les DAOs (Organisations Autonomes Décentralisées, ndlr) et les entreprises décentralisées web3.

On a intégré cette solution à MetaMask Institutional, et cela va permettre à toutes ces entreprises d'utiliser leur fonds de manière rapide et sécurisée, sachant qu'elles ont beaucoup de capital à déployer.

Quelle place occupe les NFTs dans le développement de MetaMask Institutional ?

Chez ConsenSys, on est très impliqué sur le sujet des NFTs et l'utilisation qu'on peut en faire dans le métavers notamment. Notre objectif clé, c'est de devenir l'outil d'identité référent dans cet écosystème. Ça passe là encore par de l'investissement pour le développement de bridges intelligents entre le wallet et les plateformes existantes. MetaMask Institutional est aujourd'hui compatible avec presque toutes les applications décentralisées (DApps) de l'écosystème DeFi "  Le crypto wallet Metamask, par l'intermédiaire de sa société de développement ConsenSys, a profité du dernier PBWS pour mettre en avant sa solution MetaMask Institutional, une extension à destination des entreprises que détaille Matthieu Bouchaud, Senior Product Manager chez ConsenSys.

Vous recrutez actuellement. Quels sont les profils recherchés par MetaMask ?

On vient de terminer une levée de fonds assez significative (450 millions de dollars, ndlr) auprès de groupes comme Microsoft ou Anthos Capital, pour une valorisation de sept milliards de dollars. La priorité, c'est de cibler les talents qui nous aiderons à faire fructifier ces investissements. On recrute notamment beaucoup de développeurs, avec l'objectif d'intégrer entre quatre et cinq cents nouveaux profils pour passer à plus de 1 000 collaborateurs. On est une entreprise assez distribuée, on accepte des talents de partout et on a des méthodes de travail qui nous permettent de fonctionner à distance. On a le sentiment d'être bien positionnés pour capter le pool de talents mondial et les faire venir chez nous.


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